L'inculturation
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Tout baptisé est invité à vivre l’aventure de l’inculturation
Le christianisme s’est transformé de façon radicale durant la seconde moitié du 20ème siècle. Il n’est plus une religion occidentale et, en Occident, beaucoup aspirent à ce qu’il ne soit plus perçu comme une religion enfermée dans une culture. Aussi, à tout baptisé est posé la question : quel rapport dynamique faites-vous entre votre foi et votre culture ? Quel lien existe-t-il entre votre communauté chrétienne et sa foi en l’Evangile ?
La réflexion du synode africain en 2009 éclaire le chemin que tout baptisé est invité à parcourir pour qu’il n’y ait pas de divorce entre l’Evangile et sa vie façonnée par une culture : « Pour beaucoup d'Africains -que dire des Européens ?-, le christianisme demeure encore une religion étrangère, car une partie de leur être et de leur vie reste en marge de l'Evangile, d'où la duplicité dans la manière de vivre la foi... Sans l'inculturation, la foi du chrétien africain restera superficielle et fragile, sans profondeur ni engagement personnel... Une Eglise qui ne parvient pas à intégrer ses valeurs culturelles dans sa foi ne peut résister aux influences d'autres courants religieux. »
Inculturer dans sa vie sa foi, sa confiance en Jésus-Christ n’est pas le fruit d’une bonne pédagogie mais celui d’une conversion, d’une véritable aventure humaine.
Cette aventure commence par une écoute de sa propre vie et de ses liens.
"Il importe d'évangéliser, disait Paul VI, non pas de façon décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur, jusque dans leurs racines, la culture et les cultures de l'homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et Spes, partant toujours de la personne et revenant toujours au rapport des personnes entre elles et avec Dieu" (Evangelii Nuntiandi, n. 20).
Cette aventure se poursuit
par une prise de conscience de sa propre culture…
Inculturer l'Evangile, c'est s'engager dans un long et courageux processus qui a pour vocation de transformer les modèles de comportements typiques d'un milieu, les critères de jugement, les valeurs dominantes, les habitudes et coutumes qui marquent la vie de travail, les loisirs, la pratique de la vie familiale, sociale, économique et politique. Dans une culture sécularisée, la sphère du privé ne semble plus communiquer avec la sphère publique. Les tenants du laïcisme veulent en extirper toute référence religieuse, tandis qu'une tentation expose les chrétiens à penser que leurs convictions privées ne devraient pas interférer avec leurs comportements publics. Pourtant, grâce à une inculturation, le rapport vivifiant de la foi s'applique à tous les secteurs de la vie personnelle et sociale.
… pleine d’attentes et de réponses.
Evangéliser consiste aussi à critiquer et même à dénoncer tout ce qui, dans une culture, contredit l'Evangile et s'attaque à la dignité de l'homme dans sa dimension personnelle et communautaire. Cependant, dénoncer les valeurs anti-évangéliques et anti-humaines ne suffit pas. L'évangélisation nous fait un devoir de déceler les attentes spirituelles des mentalités actuelles, les pierres d'attente afin de répondre aux espoirs secrets des cultures. Les Pères du Concile Vatican II ont exprimé cette conviction « … tout le germe de bien qui se trouve dans le coeur et dans l'esprit des hommes, ou dans les rites ou les cultures propres des peuples, non seulement ne périsse pas, mais soit guéri, élevé et achevé pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme" (Lumen Gentium, n.17).
Lorsque les baptisés, fidèles à la mission reçue du Christ, fécondent leurs cultures par la sève évangélique, ils accomplissent, certes, une oeuvre spirituelle, mais ils contribuent aussi de façon efficace, à humaniser la société dans laquelle ils vivent. Pour vivre à fond cette aventure, ils sont appelés à retrouver la créativité apostolique et la puissance prophétique offertes par l’Esprit-Saint.
Mai 2010
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Peinture de L Derwa
