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Une Eglise qui s'ouvre.
J'ai été frappé par le témoignage du prêtre qui nous décrit sa prise en charge pastorale de la ville de 50 000 habitants ou il vient d'être nommé curé. Il se met à travailler avec les personnes déjà engagées. La tâche est immense et les ouvriers peu nombreux. Mais il n'attend pas que les blés prennent la bonne couleur pour commencer à avancer avec eux, en écoutant.
Je suis laïc, et le plus souvent, nous les laïcs, nous ne prenons pas conscience de notre implication. Merci, rappelant Lumen Gentium, de nous impliquer à vos cotés, à notre niveau.
Rien ne nous oblige à nous cantonner à nos responsabilités de proximité, vous nous appelez à au moins, prendre conscience aussi de la dimension plus large du ministère : les 50 000 habitants sont un bon exemple...
En attendant, restant à mon niveau, je souhaite partager sur des signes repérés lors du mariage auquel j'ai participé de près : une bénédiction nuptiale, dans une église de campagne, avec une assistance venue de Paris, la banlieue et d'autres coins de France selon les liens familiaux ou d'amitié. Le curé de notre paroisse parisienne a préparé les mariés, assuré la bénédiction et rendu le sacrement et les étapes de la célébration les plus compréhensibles qu'il soit possible. Il a souligne son attitude d'accueil, celle du Christ : un exemple m'a frappé, parmi d'autres. Il a appelé le tout petit garçon des deux époux plusieurs fois par son prénom, l'associant à la joie offerte par la foi. En d'autres temps, on aurait pensé à un enfant du péché, ou du moins hors mariage... Le curé de la paroisse de campagne dont nous avons emprunté l'un des douze clochers est venu, il observait. Quand nous lui avons demandé son église pour la première fois, il nous prenait pour des sortes de touristes très particuliers, et n'était pas franchement ravi. Il a manifesté par son attitude pendant la célébration et ensuite lors des rencontres, qu'il avait beaucoup apprécié le déroulement et la participation. Cette attitude m'engage encore plus à tenter de relire ce que nous avons vécu. Le jeune couple est par rapport à la foi dans une position partagée, la jeune femme, ma fille, a voulu la bénédiction, le sacrement, comme elle a voulu le baptême de leur petit garçon, né il y a près de deux ans. Le jeune époux a accepté, il partage la joie, il a partagé la préparation, mais il était loin...Il n'a appris qu'il était baptisé que lors de l'annonce à sa mère du prochain baptême de son propre fils. Sa mère a alors sorti la robe de baptême qui avait été la sienne...Il ignorait complètement qu'il était baptisé. Dans l'assistance au mariage, il en était de même, la famille de la mariée est très majoritairement pratiquante, certains sont ou ont été engagés dans les mouvements. Mais dans cette même famille, épreuves ou choix de vie, ont conduit certains à abandonner avec toute pratique la foi retrouvée pour certains aux seules occasions exceptionnelles comme celle que nous tentons de rapporter. D'autres participants, copains ou famille et amis du mariés sont très loin de la foi. Des amis de la mariés vivent ou ont vécus des épreuves personnelle très lourdes et ont quitté la foi, certains en révolte. Certains encore viennent d'autres univers culturels, musulman ou autre...
Rien que de l'ordinaire de ce qui se vit aujourd'hui : une petite minorité de croyants pratiquants, une grande majorité éloignée avec quelques personnes très hostiles, pour des raisons souvent douloureuses d'épreuves personnelles, pendant lesquelles l'Eglise n'a pas été présente ou pas pu ou su accueillir. La circonstance de la bénédiction nuptiale provoque le contact, pousse à la découverte.
Un père de famille - Juin 2010
