Notre foi renouvelée

 

Prêtre au cœur du peuple mexicain

Comment découvrir Jésus en respectant l’âme et la culture asiatique ?

Les blancs m'ont refilé un Dieu moribond

L’annonce de l’Evangile ne peut se passer d’un dialogue exigeant

Les hommes parlent différemment aux dieux

Peut-on parler de Dieu sans dialoguer ?

L’homme cherche et prie Dieu de différentes façons

La foi, source de vie, ne se laisse pas enfermer dans des formules

Quand le choc des ignorances se transforme en dialogue

 

 

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Notre foi interrogée par les mutations culturelles

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Quand le choc des ignorances se transforme en dialogue

    Geneviève Comeau, théologienne et engagée dans le dialogue interreligieux commence sa réflexion sur le dialogue interreligieux en écrivant dans ‘Le dialogue interreligieux’ paru aux éditions fidélité que nous ne vivons pas actuellement un choc de civilisation mais plutôt un choc des ignorances. Comment sortir de ce vide sinon en dialoguant avec l’autre ?

       Le dialogue interreligieux ne peut se vivre que si on a conscience qu’on n’a pas seulement affaire à un chrétien ou un musulman mais « à un être humain qui est un homme ou une femme, qui a reçu telle ou telle éducation, qui est marqué par telle ou telle histoire. »     S’il n’y a pas de dialogue interculturel, c'est-à-dire la conscience qu’il y a bien des façons différentes de devenir homme, il ne peut y avoir de dialogue interreligieux. Reconnaissant la dignité de chacun, le dialogue peut alors devenir pour le chrétien « un voyage en compagnie de l’Esprit pour découvrir d’où il vient et où va sa grâce » comme l’exprime si justement les évêques d’Asie. Dialoguer demande de savoir s’écouter, être prêt à se laisser bousculer, déranger tout en étant bien enraciné quelque part. Dialoguer ainsi ouvre le chemin qui conduit à la paix et à la réconciliation. Le dialogue interreligieux ne peut aboutir chez les chrétiens ni à un relativisme, ni à une impérialisme encore moins à une récupération de l’autre. Pour le chrétien, un authentique dialogue nourrit sa foi en la Trinité car Jésus est le Fils qui conduit au Père en répandant l’Esprit sur toute homme, lui donnant de vivre ‘quelque chose’ du mystère pascal. L’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus est elle-même dialogale, respectueuse de la présence de l’Esprit-Saint dans les cœurs. » Finalement, dialoguer est rendre témoignage à Celui qui le premier a pris l’initiative du dialogue, Dieu-Trinité.

 

R.P.

 

 

 

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Notre foi en Jésus-Christ est appelée à se renouveler

 

        Des mutations sans précédent touchent aujourd’hui tous les aspects de notre vie, qu’elle soit personnelle, professionnelle, culturelle, familiale, spirituelle, artistique, relationnelle… Les institutions classiques - politiques, économiques, religieuses - semblent de plus en plus éloignées de nos préoccupations. Beaucoup sont en souffrance, beaucoup vivent l’exclusion. Pourtant, il est des hommes, des femmes, des jeunes qui sont en recherche, créateurs, heureux d’être bien dans leur peau.

     Comme « c’est le propre de la personne humaine de n’accéder vraiment et pleinement à l’humanité que par la culture », ces bouleversements culturels peuvent être signes d’effondrement, de mort ou d’enfantement d’un monde nouveau.

        Pour nous, disciples de Jésus, Dieu parle à chaque homme en ami pour qu’il vive ‘debout’. Nous croyons que Jésus, envoyé par son Père, a témoigné que Dieu est impliqué dans l’histoire des hommes. Il est « expression de l’amour du Père, ayant souffert lui-même l’épreuve et en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés » par ces remous. Nous nous laissons bousculer par l’Esprit-Saint qui se fait présent aux disciples de Jésus-Christ ainsi qu’à tous les peuples et à toutes les cultures. Ces bouleversements ne sont-ils pas pour nous signe d’une Présence ? Ce dialogue de Dieu avec les peuples et avec chaque homme nous rappelle continuellement qu’en Église, nous ne sommes pas face au monde : nous sommes avec les autres hommes, partie-prenante des questions qui les tourmentent et de leurs recherches, sans oublier les réponses qu’ils se donnent.

Aussi, notre présence au monde nous provoque à ne pas seulement annoncer la Parole de Dieu mais à en témoigner en portant ensemble les fardeaux de l’époque, à nous rendre solidaires de l’histoire de l’humanité en étant avec ceux et celles qui participent à l’enfantement du monde : ceux qui créent, ceux qui inventent, ceux qui humblement et justement accomplissent leur tâche, ceux qui se taisent et qui contemplent, ceux qui luttent pour leur liberté ou leur dignité, ou celles des autres, ceux qui sont plein d’espoir et ou ceux qui sont découragés.

       La vie paroissiale, les nouvelles communautés, les mouvements, la joie de voir des laïcs prendre des responsabilités dans la vie de l’Église, des célébrations vécues en peuple, l’accueil de ceux et celles qui viennent frapper à la porte de l’Église, les gestes de charité envers les démunis ou les exclus, les exigences des jeunes générations, les catéchumènes… ne manquent pas de nourrir, d’interroger et d’approfondir notre présence au monde et notre foi.

      Pourtant, nous faisons, notamment en France, l’expérience d’un vide ecclésial grandissant, d’une désertification. Le vieillissement des assemblées dominicales, la diminution incessante du nombre des enfants catéchisés, la baisse inquiétante du nombre des prêtres, l’image vieillotte et autoritaire de l’Église que beaucoup nous renvoient, en sont les signes les plus visibles. Pourquoi en est-il ainsi ? Quelle signification peut bien avoir cet effondrement institutionnel. Nos repères de visibilité traditionnels seraient-ils devenus inadéquats pour « voir » l'Église ?

 

Jésus a eu une façon originale de se situer dans son peuple en pleine crise. Nous avons essayé de dessiner quelques traits de son attitude. Tout en ayant conscient de la pauvreté de notre regard, nous pensons que, par cette façon de vivre, Jésus peut parler aux hommes et aux femmes marqués par le postmodernisme.

Jésus est venu nous arracher à la mort du cœur et du corps en offrant sa vie et en nous donnant son Esprit. Il le fait avec un immense respect pour notre conscience, quels que soient nos choix,notre condition sociale, religieuse ou de santé, nos orientations de vie, car pour lui toute personne est l'œuvre des mains de Dieu.

        Par son attitude, ses paroles et ses gestes, Jésus nous fait deviner le visage de Dieu son Père : non pas celui d’un ‘César’ omnipotent, mais celui d’un Père qui aime et pardonne avec tendresse et discrétion sans jamais désespérer de personne. Il l’a manifesté particulièrement quand il s’est solidarisé avec des pauvres, des exclus, des laissés pour compte de la vie sociale ou de l’institution religieuse, puis sur la croix…

         Pour transmettre sa Bonne Nouvelle, Jésus a privilégié la parabole, langage respectueux du cheminement et de la culture de chacun. Comme le souligne Benoît XVI dans son livre sur Jésus : « Les paraboles constituent sans aucun doute le cœur de la prédication de Jésus. »

La résonance entre notre expérience actuelle et la façon dont Jésus a vécu avec ses semblables interroge, conteste, renouvelle profondément notre foi en Dieu, notre sens de la vie, notre vision de l’histoire de l’humanité et du cosmos.

        Nous en recueillons déjà quelques signes quand nos rencontres avec d’autres sont marquées par un long temps d’écoute, et que nous voyons apparaître chez l’autre ou les autres leur espérance en train de renaître et que nous participons d’une façon ou d’une autre à leur résurrection.

       Nous en vivons l’espérance quand les célébrations qui nous rassemblent donnent envie de vivre en disciples de Jésus et de chanter Dieu comme un Père.

       Nous en témoignons quand nous nous solidarisons avec ceux et celles qui cherchent et qui empruntent des chemins nouveaux pour que notre monde devienne plus respectueux de la dignité de chaque homme.

       Bien d’autres façons de témoigner de l’amour de Jésus sont vécues aujourd’hui par des disciples de Jésus : certains enseignent le dogme et les normes pour que notre Église puisse délivrer un message d’espérance et de renouveau. D’autres n’hésitent pas à annoncer la Bonne Nouvelle partout. D’autres créent une nouvelle façon de vivre en communauté, de vivre leur foi, de prier …